THE STORY
Née en
Alsace, région de mon coeur, je suis attachée à ma ville. C'est mon précieux bijou, elle est belle et charmante, je me sens bien entre ses murs, au creux de ses eaux, sous ses colombages, les talons sur les pavés du vieux quartier, les yeux dans son ciel, sa richesse m'emballe, j'en suis amoureuse, seuls les gens la ternissent. L'un de mes premiers souvenirs est celui du jour de la naissance de ma première soeur, quand je suis arrivée à l'hopital, tirant mon chariot de cube de bois derrière moi. Elle était mignonne. J'ai souvent regretté les désirs d'enfant de ma mère, quatre c'est trop. Tout aussi souvent,
j'ai adoré avoir mes soeurs avec moi, pour jouer à cache-cache, se battre dans le bain et les parties de petits chevaux. De mes années d'enfance, j'ai gardé beaucoup d'éléments, j'ai toujours peur de monter aux arbres, je déteste toujours avoir les mains sales, je mets toujours des jupes courtes, j'aime toujours le dessin et l'histoire, j'ai toujours peur des insectes, je ne me suis pas encore lassée des films de Disney et
des matins pyjama-céréales-dessins animés et par dessus tout : j'aime et aimerais toujours les livres. Ils ont été la première révélation de ma vie, un éblouissement, une porte ouvert sur plus d'univers que j'aurais pu en imaginer. Je lisais avec avidité, application, sérieux, en apprenant à lire j'ai décidé d'adorer l'école, un endroit qui vous donne un tel pouvoir devrait abriter ma vie. J'ai changé d'avis en découvrant la bibliothèque municipale. Dotée de ce pouvoir magique, je me donnais pour mission de transmettre mon savoir à l'être qui me faisait suite, j'appris à lire à ma petite soeur, il était injuste que je sache et pas elle, elle devait connaitre cette magie formidable. Elle apprit vite, elle su avant tout le monde, j'étais fière d'elle, fière de moi, la voir déchiffrer les noms des aliments et des enseignes me remplissait d'orgueil. Cette première expérience du partage était concluante, j'étais heureuse d'avoir appris à lire pour encore plus de raison que celle de savoir simplement lire, c'était splendide. J'étais une enfant heureuse. Je le suis toujours entre deux pages, ma soeur et moi, les deux suivantes aussi, nous lisons toujours autant. Les livres sont ma maison. J'ai grandi en lisant toujours, en regardant la télé aussi, j'ai aimé l'histoire et l'Egypte, j'ai fait des fouilles archéologiques avec l'école et décidé de devenir
egyptologue. J'ai aimé
la danse classique et chaussé mes demi-pointes puis mes pointes pendant 7 années, je n'étais pas douée, le temps de l'innocence passée, j'ai commencé à me regarder avec les yeux critiques de l'adolescente. Dégoutée j'ai arrêté. J'ai l'erreur, l'échec et l'imperfection en horreur et pourtant ils font partie de moi. Je ne m'y suis pas encore faite. J'ai voulu
danser, chanter, écrire, dessiner... J'ai tout essayé. J'aime regarder aussi. Observer, admirer, les gens, les animaux, le ciel, mais surtout les gens, j'aime m'asseoir au milieu d'une soirée et regarder évoluer les autres ensemble et seuls, j'aime regarder les mains, celles qui
dessinent, cousent, sculptent, grattent des cordes ou courent les touches d'un piano... J'ai été indifférente à la musique jusqu'au collège, en dehors des caresses du piano du studio qui me faisaient vibrer. J'ai été bercée par l'ecclectisme paternel, des Corrs aux Cranberries, en passant par Telephone et Obispo ou les Blues Brothers, ma mère aimait Indochine, Florent Pagny et Julien Clerc, je ne l'aimais pas. J'aimais qu'elle me chante l'Aventurier pour m'endormir, j'aimais mon mobile qui chantait la
Lettre à Elise. Puis j'ai aimé mes propres gouts. Ils ont changés, changent encore, je ne suisjamais lassée d'ouvrir mes horizons. Malgré tout je me suis vite orientée vers les groupes qui allaient avec mon adolescence rebelle et douloureuse, j'en garde les marques, je pencherais toujours du côté du rock. De la meme façon, je m'habillerais toujours avec une dominante de noir, j'aimerais toujours
la pluie et le piano. Au collège j'ai appris à aimer, j'ai appris les femmes et je me suis apprise par la même occasion. Le bonheur à duré un an entre ses bras. Le premier amour comme dans les livres, il ne m'en fallait pas plus. J'ai encore aimé depuis, moins, différement, et finalement, infiniment plus.
J'aime aimer, j'aime la passion, l'enfer des sentiments qui vous dépassent, abattent vos murs, brisent vos barrières, vous arrache des larmes en brûlant les miettes de votre fierté. J'aime à être l'esclave de mon dictateur de coeur, la raison est une barrière, le coeur voit différement, il autorise tout les débordements. Il autorise les sacrifices, l'irresponsable, le plus beau comme le plus mauvais, il deverse des flots de mots, de couleurs, d'impressions, libère des forces. La passion est vivante. Passionnée, je suis en vie. Aujourd'hui j'ai décidé de dessiner et de coudre, je ne sais pas chanter, je n'ai jamais su danser, j'écris pour moi, dans l'attente. Je dessine des vêtements, j'apprends, j'aime ça. Je m'accroche à aujourd'hui et hier, demain me fait peur. La seconde suivante me fait peur.
Je hais l'inconnu, le non-maitrisé, ce que je ne sais, ne connais ou ne comprends pas. L'inconnu c'est l'obscur et le vide, le danger caché, je n'aime pas ça. Je n'aime pas parce que j'ai peur.
J'ai tout le temps peur.To be continued...